des hommes parlent…

Changements…

par Ashley • 8 avr 2009 • dans Missives

« Combien de montagnes et de rivières dois-je traverser, pour atteindre le pays où la solitude n’existe pas ? Même si je ne sais combien existent à ce jour, j’entreprends aujourd’hui un nouveau voyage. »

Voilà un poème de Wakayama Bokusui qui me décrit parfaitement. La solitude est le seul sentiment qui ait toujours été présent, en moi, même s’il m’est parfois arrivé de l’oublier. Cependant, une chose a changé : s’il m’est arrivé par le passé de la fuir, je ne peux aujourd’hui plus m’en passer.

La scène se déroule il y a quelques années… Par un après-midi ensoleillé, je rentre chez moi, décidé à profiter du reste de cette belle journée avec ma petite amie. Seulement, cette dernière ne m’attendait pas vraiment… et c’est ainsi que je la surpris, dans mon lit, s’ébattre avec un autre. De nature calme, la nature de l’évènement fit de moi un autre homme, que rien ne put raisonner : j’ai sauté sur cet étranger, puis l’ai massacré, avec une rage dont je m’ignorais capable. Le pauvre finit avec un long séjour à l’hôpital. Ai-je eu tort, ou bien raison, là n’est pas la question. Chercher un coupable, non plus.

J’avais partagé avec cette femme les plus beaux moments de mon existence, il m’apparaissait comme une évidence qu’elle était celle dont j’avais besoin, quelques années étant déjà derrière nous. Puis un instant, une seconde, m’ont soudain tout enlevé. Le plongeon dans les abîmes de la tristesse n’a pas tardé à suivre, alors j’ai cherché une échappatoire, que j’ai trouvée dans la boisson. Boire pour oublier dit-on, il n’en est rien. Boire pour ne plus penser, voilà ce dont il s’agit. Mais la sobriété redonnant lucidité, j’entretins l’état second de toutes mes forces. Les choses furent ainsi plusieurs mois, jusqu’à ce que quelques amis comme on en trouve si peu me refassent faire surface.

J’entrepris alors un long travail sur moi-même, tentant de mieux me connaître, de comprendre ma nature profonde, mes désirs et mes besoins. Puis les réponses vinrent, ainsi que la paix, et la tranquilité d’esprit. Ce ne fut cependant pas immédiat, car les réponses ne sont pas toujours aisées à admettre ou à accepter.

J’avais décidé que plus jamais je ne m’autoriserais à tomber amoureux, trop de potentielles souffrances en jeu. Seulement, cela signifiait également s’affranchir de moments de bonheurs partagés. Seulement, on ne choisit pas de tomber amoureux ou non. Je profitais des nombreuses histoires sans lendemain, des plans cul, et un jour, sans prévenir, mes yeux s’égarant dans ceux d’une femme qui ne me laissait pas indifférent, je ressentis à nouveau cette indéfinissable sensation… Elle était même beaucoup plus intense qu’elle ne l’avait jamais été auparavant, et ce fut réciproque.  Je me retrouvai en plein mythe de l’androgyne. Puis elle finit par me quitter. Mais j’avais cette fois la force de ne pas sombrer, malgré la détresse et la tristesse. Aujourd’hui, presque deux ans plus tard, nous nous voyons encore, aussi régulièrement que possible, mais nous ne sommes plus un couple, pas même des amants. Je ne peux me passer d’elle, et elle non plus, du moins en ai-je l’impression, le sentiment.

Aujourd’hui, presque deux ans plus tard, je t’aime encore, ma petite pianiste, avec la même force et la même intensité. Peut être l’ignores tu, ou non, je n’en sais rien. Tu es mes joies, mes peines, ma liberté, ma paix, celle que nous cherchons tous, et que si peu d’entre nous, trouvent.

Relu par VLR (qui aimerait être aimée si joliment)

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7 commentaires »

  1. Conserver de telles relations même après toute cette douleur c’est être adulte, c’est pardonner, c’est passer au reste sans oublier pour autant ! Bref, c’est la grande classe…

    Là où on se retrouve, c’est qu’on ne s’autorise plus, c’est dommage, mais c’est effectivement comme ça…

    Bienvenu ici amigo ! ;-)


  2. Trés jolie !!

    Et bienvenue :)


  3. Merci à vous deux :)

    Et comme tu dis Jérémie, c’est comme ça, enfin c’est comme ça que nous sommes…


  4. A travers cet écrit, j’ai quand même l’impression qu’avec l’amour les « coups durs » sont beaucoup plus marquants et saisissants que les moments de bonheur.
    Ca me donne encore moins envie de tomber amoureux…

    Bienvenue Ashley :)


  5. Han la claque ! Merci Ashley, pour ce moment d’émotion :)


  6. Mais avec plaisir, chère Bibz :)


  7. Salut Ashley et bienvenue !
    Tu nous contes là une bien dure histoire. Tout d’abord, celle qui fait de nous des hommes : la perte ! Quelle autre douleur peut mieux que celle-là nous résoudre aux pires bassesses, aux pires travers ?
    Et pour continuer, la remontée. Dûr aussi est ce chemin parce qu’en même temps que l’on remonte, on refait comme tu le dis, de nouvelles rencontres. Donc, de nouvelles occasions de retomber.
    J’ai un sentiment mitigé à te lire… l’impression pleine d’espoir de me rendre compte que tu es prêt et lucide. Et de l’autre, la fragilité d’un état bancal et instable.
    Comme le dis Grenoblois, on se rend compte que l’on se souvient mieux de ces moments terribles. d’un autre coté… tant mieux. Ce sont eux qui font apprécier un sourire, une nouvelle peau, une audace


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