des hommes parlent…

Cursed, since your birth dear…

par Francky • 13 jan 2009 • dans Loose

J’ai toujours dénigré les relations à distances. Pour moi, c’était juste inconcevable. Je suis quelqu’un qui a besoin de voir, de sentir, de toucher. De prendre un métro pour rejoindre l’être aimé, de me lover dans sa couette, ou de lui faire une surprise en sortant du travail…

Et puis deux de mes relations s’étaient terminés à cause d’un déménagement. Ce fameux départ pour un an au Vietnam, qui a réduit en cendres deux belles histoires consécutives entamées en terres lyonnaises. Quelque part, tant mieux, je pense avoir bien mieux profité de mon année asiatique en bon célibataire. Mais chassez le naturel… il revient en pousse-pousse et voici que j’ai entamé des relations sérieuses au Vietnam, avec le même résultat, sauf…

Sauf Tai. Le même âge que moi, et une personnalité qui m’a envoûté dès les premiers instants. C’était pourtant mal parti. J’ai obtenu le contact de Tai via un garçon que je détestais, pour être un manizer, et qui m’avait dragué pour me jeter de son lit au petit matin. Un de ces mannequins au sourire ravageur qui enchainent les hommes avec une rapidité et une précision implacable. Bref, Tai était un de ses amis, et je me suis évidemment dit qu’il devait être du même acabit.

A discuter avec lui, je me suis rendu compte qu’il n’en était rien. Et nous sommes tombé littéralement amoureux l’un de l’autre. Sauf que…

Sauf que je rentrais en France. Lui faisant ses études à Bangkok, on fait difficilement pire en terme de relation à distance. Mais je me suis prêté au jeu. Les six premiers mois, j’ai été d’une fidélité parfaite, et nous nous parlions quasiment quotidiennement via Skype ou Yahoo!Messenger. Puis… puis j’ai pris quelques amants, tout en restant fidèle dans ma tête. On ne se l’était pas interdit après tout… Puis on est passé par des phases difficiles, en se disant que cela ne servirait à rien. Mais on était toujours là, on parlait tout autant qu’avant, et on s’aimait.

Puis je me suis quelque peu découragé. Sans le dire, j’ai commencé à chercher des relations sérieuses ici, sans grand succès. Tai était toujours là, même si la distance et le temps avaient espacé nos temps de discussion. Il apprenait le français en cours. Je l’aidais un peu. Son rêve était de devenir maître d’Hôtel à Paris. Il fantasmait sur la tour Eiffel. Moi j’habitais en dessous. Dans notre projet initial, il devait venir me rejoindre un jour. Et rester. Pour toujours.

J’ai traversé une période difficile début décembre, où j’étouffais à Paris, où je ne trouvais pas quelqu’un pour le remplacer. Et puis…

Et puis il m’annonça un jour, nonchalamment, qu’il comptait venir me voir trois semaines en mai, et voir si il y avait du travail pour venir définitivement en novembre, une fois son diplôme en poche. Ce fut, vous l’imaginez, une explosion de joie interne. Le rêve de deux ans enfoui en moi, et en lui, allait se réaliser. Enfin. Le moral remonté au plus haut, j’abordais 2009 avec une passion qui m’était jusque là inconnue.

Hier, Tai m’a largué par MSN. Sans vraiment donner de raison. Il ne savait pas ce qu’il voulait, je devais le laisser seul.

Je voulais raconter mes histoires chronologiquement, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’écrire cette dernière. Parce qu’il le fallait. Parce que j’avais besoin de poser cela par écrit, et que Paroles d’Hommes était le meilleur biais. Je suis effondré, mais en même temps, relativement blasé. Une part de mon coeur vient de mourir. La dernière qui croyait encore au Grand Amour.

Partagez !
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Mixx
  • Google Bookmarks
  • Blogosphere News
  • email
  • Live
  • Scoopeo
  • StumbleUpon
  • Technorati
  • Wikio FR
  • BlogMemes Fr
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Netvibes
  • Twitter
  • Yahoo! Bookmarks

Sur le même sujet :

  1. Illusions
  2. Histoire de brosse à dents… #2
  3. La Sœur
  4. Changements…


5 commentaires »

  1. Donc, en bref, ce qu’il faut retenir de ton histoire, c’est la première phrase.

    J’ai beaucoup de mal à croire au grand amour. A notre âge, encore plus. Tu rajoutes en prime la distance et le gap culturel Vietnam/France, ça me semblait effectivement cursed since it was born…

    Enfin, voilà, je suis néanmoins désolé pour toi et j’espère que tu t’en remettra vite…


  2. Que dire ??? Si ce n’est que tu m’as bien retourné le cerveau lorsque je t’ai relu….
    Bref, courage amigo !

    ps : je dit rien d’autre parce que c’est toujours ridicule ce qui se dit… (10 de perdus… à nous les petites…)


  3. Un réel plaisir à te lire, je m’attendais pas à une chute aussi brutale mais avec du recul malgré tout tellement attendu.
    Moi en phrase toute faite, j’ai aussi « ce qui ne tue pas nous rend plus fort! »
    Pense à ces moments, ces belles choses qui vous ont fait vibrer et surtout ne t’empêche pas d’en vivre des prochaines!
    Bon courage c’est ces moments là qui font que l’on se sent vivants!


  4. Merci à tous pour votre soutien.

    @Joey: je comprends ce que tu veux dire. Néanmoins, j’ai la culture asiatique étant moi-même métis viet.

    @Jéremie: tu m’as également retourné sur le texte sur ton rôle de père… On en parlera autour d’une bière.

    @Bridget: on ne peut pas tomber plus bas, il ne me reste donc qu’à me relever… La chose qui gêne toujours dans la phase de « l’après », c’est de se débarrasser de cet espoir qui reste que ça puisse repartir. Ce truc qui nous fait guêter le moindre de ses mouvements pour savoir ce qu’il fait, dit, ou peut penser.


  5. Il est revenu ^^ Je ne sais pas encore ce que ça va donner, mais il est revenu :)


Laisser un commentaire

Additional comments powered by BackType