Dix femmes, dix leçons : Aurélie et les mystères de la panne
par Thomas • 1 oct 2008 • dans Nos vies d'hommesJ’aime les femmes.
J’aime toutes les femmes. Les petites, les grandes, les grosses et celles qui ressemblent à une petite plume sur le point de s’envoler.
Celles qui puent de la gueule le matin au réveil et celles qui hésitent pendant des heures entre cuivré et acajou dans le rayon « Shampoing et coloration ». (Ne vous moquez pas ! Si vous étiez une femme, vous sauriez que le roux s’estompe plus vite que les autres couleurs, et que choisir la mauvaise teinte peut donner à votre visage un teint fade. C’est une affaire sérieuse !)
Celles qui boivent comme des mecs, voire pire, en sortant des blagues plus que douteuses.
Et celles qui vivent comme une insulte personnelle le fait de ne pas poser la fourchette à gauche de l’assiette. A gauche et pas à droite. A droite, c’est pour le couteau.
Toutes les femmes.
Avec leurs défauts et leurs beautés.
Et puis il y a eu Aurélie.
La fille parmi les Filles.
La beauté parmi les Beautés, la perfection de la Perfection ou « perfection au carré » pour nos lecteurs mathématiciens.
La fille qui ne peut pas avoir de copines, tant elle déclenche la jalousie chez toutes celles qui l’approchent.
La fille qui ne peut pas avoir de copains, tant elle est plus intelligente qu’eux, et que ça met Monsieur dans une position d’infériorité qui ne l’enchante guère.
Un visage à faire passer les déesses grecques pour les méchants du Seigneur des Anneaux. Vous savez, ceux qui ont le nez en forme de groin.
Des petits seins qui ressusciteraient la libido de Benoit XVI. Ce qui est une phrase que je préfère oublier au moment même où je la rédige.
Et parce que le destin est profondément cruel avec moi, Il avait fait en sorte qu’Aurélie soit rousse.
Rousse comme dans mes fantasmes de rousse. De ce roux naturel qui suffit à déclencher en moi un réflexe physiologique typiquement masculin, celui qui m’oblige à rester assis en attendant que ça passe et en pensant très fort à la misère dans le monde…
Cette première nuit ensemble s’annonçait comme la Nuit de la Gloire, majuscules comprises. La Nuit du Désir. La Nuit du Désir (deux fois, parce que je ne comptais pas passer qu’une seule nuit du Désir avec elle). J’entendais déjà les Trompettes de la Victoire s’ériger vers le ciel et faire trembler les murs de ma chambre d’étudiant.
Sauf que ma trompette à moi, elle ne s’est pas érigée du tout.
En langage technique, on appelle ça « La panne ».
Ou plus exactement « Oh-non-oh-non-pas-la-panne… oh-non-oh-oh-oh-oh… Ah-est-ce-que… ah-non-finalement… oh-non-oh-non… ».
J’adore ces moments où la communication se passe du langage : dans son sourcil circonflexe, on pouvait lire « Mais pourquoi je ne lui plais pas, à celui-ci ? ».
Dans le mien, on lisait « Ceci est probablement le dernier jour de toute ma vie. Rien ne pourrait être pire. Sauf qu’elle me dise une truc du genre « C’est pas grave, tu sais… », d’un air compatissant. »
Et là, devinez ce quelle m’a dit, d’un air compatissant ?
Les hommes comme moi sont simples. Ils aiment boire, manger, faire la fête et faire l’amour. S’ils ne se sentent pas dominants, hommes forts de la situation, ils arrivent éventuellement à faire les trois premiers. Mais pas le dernier.
Peut-être est-ce l’atavisme de mes origines latines et donc macho. Peut-être un vieux réflexe hérité de mes lointains ancêtres qui savaient encore pousser des râles de plaisir primaires en toute occasion.
Parmi les équations divines, celles qui contiennent les secrets de la Vie, de l’Univers et de tout le Reste, mon inconscient a surtout retenu celle-ci :
« Homme fort = quéquette forte ».
J’avais idéalisé Aurélie.
C’était devenu un concept, une abstraction, une métaphore.
Vous avez déjà essayé de faire l’amour à une métaphore ?
Tout est rentré dans l’ordre dès le lendemain.
Le lendemain matin pour être exact.
En me réveillant à ses côtés, j’ai remarqué un petit détail qui a tout remis à sa place, trompettes, quéquette et râles de plaisir primaires.
Aurélie puait de la bouche le matin au réveil.
Les deux jours qui ont suivi cette révélation ont été les plus orgiaques de toute mon existence.
Jusqu’à ce que je rencontre Laurence.
(A suivre, avec Laurence et les préliminaires permanents)
Relu par VLR
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Toi faut qu’on se voit très vite ! J’ai adoooorééé !!!
Oh
My
Goooood !
J’adore j’adore j’adore! Je vois même pas quoi dire d’autre .
(enfin si, quand même, il m’est deja arrivé de dire « c’est pas grave tu sais », en me demandant si finalement ca n’aggravait pas la situation. Maintenant, je sais)
Non, c’est moi qui vous adore tous les deux.
Même si vos compliments posent un tout petit peu de pression pour les articles suivants.
Mais c’est pas grave, vous savez…..
lit elle en éclatant de rire !
« En me réveillant à ses côtés, j’ai remarqué un petit détail qui a tout remis à sa place, trompettes, quéquette et râles de plaisir primaires. »
Tout simplement excellent et rudement bien rédigé : merci pour ce petit (!) moment de détente… vivement la suite.
Terrible cet article !! A la vue de ton prénom, je me doutais qu’il y avait un fort potentiel en toi et que tu sortirais victorieux de cette épreuve (et je dis pas – seulement – ça parce qu’on porte le même prénom…)
Vivement la suite avec Laurence !
Oui, Sully. Mais.
Qu’y a-t-il dans un nom ?
Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom.
Ainsi, quand Thomas ne s’appellerait plus Thomas, il conserverait encore les chères perfections qu’il possède.
Thomas, renonce à ton nom ; et, à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, prends-moi tout entière.
(Je me demande si Juliette puait de la gueule au réveil, tiens ? )
Enorme ! Belle experience très bien écrite. Ca fait rêver
En un mot : je plussoie.
@thomas : comme c’est beau ce que tu dis… je crois que… non, c’est trop difficile à dire….(soupirs)
(et oui, je suis persuadé que Juliette puait de la gueule ! d’ailleurs, c’est pas le poison qui a tué Roméo, mais bel et bien l’haleine fétide de cette connasse de Juliette quand elle s’est réveillée !)
Mais euh… il faut faire quoi alors, concrètement, s’il ne faut pas dire « c’est pas grave tu sais ? »
Dites donc !! Vous savez ce qu’elle vous dit l’haleine fétide de Juliette ? HEIN ? vous voulez qu’on parle de l’odeur des pieds de Roméo
Non mais !
moi je dis que les odeurs de pieds sont moins rédhibitoires que l’haleine fétide….
@cholera et Sully : si on peut plus citer Shakespeare sans que ça déclenche un débat aux subtilités quasi suméro-babyloniennes, où va-t-on !
Et qu’eut-ce-été si j’avais cité le Roi Lear, acte II scène 2 :
« (je te prends) pour un sal***, une canaille, un baffreur de morceaux tombés de la table, un vilain, vaniteux, crétinesque, clochardesque, servile pour trois nippes, larbinesque à cent sous, merdeux, laineux aux pattes, sal*** ! Lavette ! Sal*** à faire partout des histoires ! Fils de put***, lorgnonnard, hyper-lèche-cul, effronté fienteux ! Gueux dont tout l’héritage tient dans une boite ! Un individu qui comme service loyal ne voudrait faire que le maqueraud ! Oui, toi, tu n’es qu’un concentré de sal***, de gueux, de lâche, de satyre, que le fils et l’héritier d’une chienne batârde ! »
(Oui, Shakespeare est mon plaisir pervers, mon péché de luxure syntaxique. Et pourtant, je n’ai jamais couché avec lui !)
@Pascale : il vaut mieux ne rien dire, l’aider à se détendre, occuper son imagination et surtout son regard à autre chose qu’à ses propres angoisses.
bon mais on dit quoi alors, si on a pas le droit de dire c’est pas grave ???
ah ben désolée pour mon comm’ redondant
J’adore ! Vivement le prochain
Parmi cet excellent article je retiens quand même quelques phrases tout simplement exceptionnelles :
« Des petits seins qui ressusciteraient la libido de Benoit XVI. Ce qui est une phrase que je préfère oublier au moment même où je la rédige. »
« De ce roux naturel qui suffit à déclencher en moi un réflexe physiologique typiquement masculin, celui qui m’oblige à rester assis en attendant que ça passe et en pensant très fort à la misère dans le monde… »
Je dis Monsieur et j’admire !
Fil, on a un nombre de points communs qui frôle le surnaturel. Je t’expliquerai un soir… autour d’une bière !
Merde on sera quatre alors !!!
moi, perso, je pense à un cornet de frites. Chacun son système
« Mais euh… il faut faire quoi alors, concrètement, s’il ne faut pas dire “c’est pas grave tu sais ?” »
Quand le mec en face de moi a eu le culot de me faire le coup de la panne, je l’ai regarde, et avec un grand sourire, lui ai demande s’il n’etait pas gay. Ca a detendu l’atmosphere, et apres une biere, c’etait reparti comme en 40.