Dix femmes, dix leçons : Inga et les hommes, les vrais !
par Thomas • 7 déc 2009 • dans Nos vies d'hommesC’est quoi un homme, un vrai ?
Lorsque l’on évoque le sexe entre hommes et femmes, il est facile de se limiter aux clichés les plus éculés (oui, vous avez bien lu, bande de pervers).
Par exemple : les hommes ne sont plus ce qu’ils étaient, ils n’osent plus…
Par exemple : les femmes vivent désormais une sexualité sans tabou, elles prennent l’initiative…
Par exemple : devenir rédacteur dans Paroles d’Hommes vous transforme instantanément bête de sexe…
Evidement, tout ça est totalement faux (à l’exception d’une phrase, je vous laisse deviner laquelle).
Totalement faux…
Ou pas…
Ma courte et fulgurante relation avec Inga n’était un immense cliché concernant les hommes, les femmes, les suédoises désinhibées et la nécessité de ne pas trop se poser de questions…
Inga venait de Suède, qui est un pays formidable.
Pour ceux qui l’ignoreraient, c’est un pays où il n’y a que des femmes, où il fait très froid, et où le christianisme a un peu de mal à s’implanter.
Ce qui explique pourquoi je n’ai jamais rencontré de suédois mâle, pourquoi les suédoises dépensent une énergie folle à se réchauffer auprès du corps des jeunes hommes français et parole-d’homme-o-philes, et surtout pourquoi elles grognent des expressions vaguement blasphématoires pendant l’amour…
Le début de l’été voit souvent arriver dans ma ville un flot ininterrompu d’étudiants étrangers, qui viennent vérifier si les français ont la réputation qu’on leur prête (meilleurs amants du monde, pire vantards de l’univers).
Je rencontrais Inga sur le campus, peu après son arrivée dans nos montagnes.
De balade en balade, de sirotage de cognac en ingestion massive de chartreuse, j’apprenais à connaître cette fille à la voix grave et détachée, à la blondeur et au regard que l’on suppose aux habitants des pays limitrophes à celui du Père Noël.
Elle avait un talent particulier pour transformer mon calme légendaire en woodstock hormonal, et prenait un malin plaisir à le faire publiquement.
– « Dis-moi Inga, elle te plaît cette ville ?
- Dis à moi, Thomas, pourquoi toi dire pas directement que toi veux faire un amour avec moi ?
-…
-…
- Dis-moi Inga, vous êtes toutes aussi directe en Suède ?
- Dis à moi, Thomas, vous être tous tellement lent en France pour emmener une femme dans l’intérieur du lit ? »
A cet instant précis, j’ai compris que toute la virilité hexagonale reposait sur mes seules épaules.
Que des quelques heures qui allaient suivre dépendraient des siècles et des siècles de légendes nordiques sur les performances sexuelles des français.
Que c’était mon devoir, envers moi-même, envers tous les Hommes, envers ma Patrie ! (Ces dernières phrases pathétiques seront ma seule et unique contribution au ridicule débat en cours sur l’identité nationale…)
S’en suivirent l’apprentissage de plusieurs coutumes typiquement suédoises, telle « La position du rêne lubrique« , « Le tremblement du Fjord en période de dégel » et le fameux « Cri blasphématoire du Troll au fond des bois » de bien triste mémoire (surtout pour mes voisins)…
Lorsque nous reprîmes notre souffle, Inga eu cette question étrange :
- « Pourquoi, en Suède comme la France, on est obligatoire de vous montrer qu’on a beaucoup envie de vous ? Pourquoi vous voir pas les signes évidents ? »
J’étais bien en peine de trouver une réponse. La peur de se méprendre ? L’envie de ne pas brusquer les choses ? Le souci de ne pas…
- « Vous êtes très fort pour excuses », m’interrompit-elle, comme si elle était capable de lire dans mes pensées (c’est depuis cette date que je méfie des pouvoirs paranormaux des suédois). « Mais un homme, un vrai, il sait quand la femme a envie. Il voit, il réfléchit pas. Réflechir, c’est après. Un homme, un vrai, il pose pas les questions : il regarde, il comprend et il fait l’amour. »
Après un an et demi, je ne sais toujours pas ce qu’est un homme, un vrai…
Peut-être bien que les hommes n’osent plus, ou ne savent plus oser…
Peut-être bien que les femmes sont de plus en plus obligées de prendre l’initiative, à cause de cela…
Peut-être bien que le meilleur site du monde a un effet virilisant sur ses rédacteurs (Le seul but de cette phrase est d’inciter le rédac’chef à doubler mon salaire…).
Ce que je sais, c’est qu’à partir du moment où j’ai arrêté de me poser des questions, j’ai rencontré la femme qui a su me rendre heureux…
Mais c’est, évidement, une toute autre histoire…
(A suivre avec Angèle, et les coquineries platoniques…)
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Thomas is back sur #PH avec « Dix femmes, dix leçons : Inga et les hommes, les vrais ! » http://tinyurl.com/y8ashr7 (via @parolesdhommes)
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Lorsque nous reprîmes notre souffle, Inga eu cette question étrange :
- « Pourquoi, en Suède comme la France, on est obligatoire de vous montrer qu’on a beaucoup envie de vous ? Pourquoi vous voir pas les signes évidents ? »
==> Parce que les Françaises sont cent fois plus farouches ?
@Grenoblois : un rapide sondage effectué auprès d’un échantillon représentatif de la société (bref, auprès de mon colocataire…) tendrait à te donner raison : les suédoises, hollandaises, norvégiennes semblent plus ouvertes à leur propres sexualité, à leurs propres envies…
Ou alors, c’est nous qui nous mettons des barrières…