des hommes parlent…

Vila Rada

par Ashley • 16 avr 2009 • dans Missives

Cela va maintenant faire sept ans, sept ans déjà…

Comment aurais-je pu le voir, le savoir ? Toi, dont le sourire constant illuminait les journées de bien des gens, ce jour là, tu n’es pas venu. Tu n’es plus jamais revenu. Quelqu’un, que nous ne connaissions pas, était venu nous annoncer que tu étais parti. Mais où, et pour quelles raisons ?
Puis les réponses sont venues…

Ce jour-là, toi dont le monde avait brisé les rêves, tu choisis de lui reprendre ce qu’il t’avait donné : la vie. Des rêves brisés, voila ce qui a vraisemblablement guidé ton choix, ton choix si dur. Étant ton ami, je n’avais pourtant rien pressenti… Chaque jour était fait de rires, de sourires, qui eut cru que derrière ce sourire, se trouvait le désespoir d’un homme, un désespoir si grand, si profond ?

Tu voulais être pilote, pilote de ligne. Les cieux t’attiraient, tu en avais fait ton objectif, un rêve de gosse que tu poursuivrais de toutes tes forces. Seulement, tu finis par apprendre que tes problèmes de vue t’en empêcheraient. La déception fut grande, mais qu’importe ; tu voulais voyager, à toute vitesse, c’est là qu’était ton véritable rêve. Alors tu pris la décision de devenir pilote, mais de trains cette fois. Je me rappelle encore te regarder en parler, voyant cette flamme dans tes yeux, cette étincelle de vie et d’envie qu’ont ceux qui iront au bout de leurs désirs.

Mais ce jour-là, tu n’es pas venu, tu n’es plus jamais revenu. Pourquoi ? Puis ta sœur, dont j’étais aussi proche que je l’étais de toi, me dit que tu avais passé des tests, afin de vivre ton rêve. Mais le résultat de ces tests fut que tes problèmes de vue, encore une fois, ne te permettaient pas d’accomplir ton but, de réaliser ton rêve. Tu as alors décidé de quitter ce monde, te jetant sous l’objet de tes peines, celui qui t’avait tant fait rêver.

Au jour de tes funérailles, j’ai choisi de ne pas être présent. Non pas par rancoeur, j’avais simplement le sentiment de ne pas y avoir ma place, au milieu de tous ces gens, dont la plupart ne te connaissaient quasiment pas. Mais, sept ans plus tard, tu continues à vivre en ma mémoire et celle de ceux qui t’aimaient, à qui tu manques terriblement. Bien que n’étant pas le moins du monde croyant, mystique ou autre cinglé du genre -comme je les qualifie souvent, j’aime à croire qu’aujourd’hui, ton esprit voyage, à une vitesse folle, dans un monde dont la perception nous échappe.

Au revoir mon ami, moi qui ne te l’avais pas encore dit.

Relu par VLR

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3 commentaires »

  1. on devrait tous avoir le droit de dire au revoir à ceux qu’on aime..
    je ne l’ai pas encore fait.. je t’envie d’avoir franchi ce pas…


  2. Certains diront que c’est la vie, certains se révolteront, certains s’énerveront, certains se rempliront de haine, certains ignoreront, certains rigoleront, certains pleureront…
    …et d’autres en parleront.

    Bravo pour ce courage libérateur, amigo !

    ;-)


  3. @sandra.b Il n’est pas si difficile de franchir le pas, enfin je le crois. Le plus difficile est finalement de pouvoir dire les choses telles qu’on les ressent ou qu’on les a ressenti, et transcrire sa pensée de la manière la plus « brute » possible.
    Et le plus important est que, bien qu’on dise au revoir, ce n’est en rien une fin.

    @Jérémie B.Je ne sais pas s’il s’agit de courage ou d’autre chose, mais une chose est sure, je suis heureux d’avoir pu en parler, enfin.


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